Préhistoires d'Europe : de Néandertal à Vercingétorix : 40000-52 avant notre ère

Préhistoires d'Europe : de Néandertal à Vercingétorix : 40000-52 avant notre ère

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Présentation de l'éditeur

Dans la continuité des treize volumes de Y Histoire de France publiés entre 2009 et 2012, les Éditions Belin entreprennent une nouvelle série de synthèses originales intitulées Mondes anciens, dont la parution s'échelonnera de 2016 à 2018.
Depuis les premiers hommes de Neandertal jusqu'à la chute de Constantinople en 1.453, les quatorze volumes de cette série, de 600 pages chacun, ont l'ambition d'embrasser, dans la très longue durée, les principales civilisations qui sont à l'origine de l'Europe contemporaine.
Cet ensemble polyphonique constituera la plus vaste synthèse jamais entreprise consacrée aux racines multiples du monde occidental. Cette histoire des Mondes anciens voudrait aussi renouer avec la notion d'histoire totale : événements, économie, société, politique, cultures et croyances, vie matérielle, avec toutes les variations de jeux d'échelles possibles (du local au «central», du village à l'État et aux Empires, voire à l'ensemble de la Terre habitée...). Le tout en forme d'analyse et de synthèse, avec la trame chronologique comme moteur.
En inscrivant l'histoire humaine dans une temporalité de plusieurs millénaires, cette collection permettra, par l'«exotisme», l'étrangeté et l'inattendu d'une immersion dans ce passé à la fois méconnu et lointain, une distance, un recul et un décalage salutaires par rapport au flux aussi permanent qu'instantané de l'information et à cet impérialisme du «présentisme» (François Hartog) qui caractérisent le monde d'aujourd'hui en le coupant de ses racines profondes.

Comme Histoire de France, La collection Mondes Anciens est dirigée par Joël Cornette. - Elle est éditée par Marie-Claude Brossollet. - L'iconographie est réalisée par Marie-France Naslednikov et la cartographie est signée par Aurélie Boissière.

Extrait du livre

Extrait du prologue

DES HOMMES (ANCIENS) ET DES NOMS (NOUVEAUX)

Nous l'appellerons «Gotaj». Il est né dans le Sud-est de l'Angleterre actuelle il y a quelque 3 500 ans. Toute sa vie, il a occupé une place éminente au milieu des siens, contrôlant les échanges de minerai d'étain en partance vers le continent, au-delà du bras de mer, surveillant la construction des bateaux nécessaires aux traversées, s'assurant des bonnes récoltes et de leur stockage pour nourrir chacun au plus fort de l'hiver. Bien que le quotidien n'ait pas toujours été simple, il s'est réjoui de cette période de calme sans conflit majeur, tels que ceux que ses ancêtres ont connus. Comme eux, bien sûr, il a reçu un équipement lors de la cérémonie qui a fait de lui un homme adulte et le responsable de sa communauté. Son épée en bronze a été réalisée par un artisan de renom. Lorsqu'il disparaîtra, elle sera brisée comme le veut la coutume. Un fragment sera associé à d'autres objets tandis que le reste de la lame sera refondu pour la nouvelle épée de son fils à laquelle il transmettra ainsi force et sagesse. Celui-ci en aura sans doute besoin. De grands changements se profilent, assortis de tensions. Pour l'heure, il se tient en haut des falaises blanches et guette le retour du bateau parti il y a maintenant plusieurs jours. Le ciel est bleu, le temps est clément, les courants sont bons, il ne devrait plus tarder...

Qui peut prétendre construire un tel récit ? Un romancier sans doute, mais pas les chercheurs qui étudient l'époque de cet hypothétique «Gotaj». Pendant des millénaires en effet, dans de nombreux territoires du monde, les hommes n'ont pas choisi de se raconter. Puis, certains, pour des raisons de pouvoir ou d'argent avant toute autre motivation, ont figé des mots, des listes, des noms, des descriptions. Des siècles plus tard, lorsque les documents qui portent ces informations ont franchi les obstacles du temps, l'historien les analyse et les met en musique dans un récit. Grâce à des détails, à des «petits riens», il leur donne vie, sans rien ôter à leur valeur scientifique.
Qu'en est-il des hommes qui n'ont pas laissé de traces écrites ? Leur histoire fut confrontée à deux types de difficultés : la première a été d'identifier leur existence, la seconde d'assurer un cadre méthodologique et formel aux études qui les concernent. S'il ne subsiste désormais plus de doute sur la réalité de leur existence très ancienne, la seconde difficulté n'est que partiellement résolue aujourd'hui. La terminologie qui concerne ces sociétés et leur positionnement académique au sein des sciences historiques reste hétérogène en Europe, assortie de contradictions, voire d'à priori.
C'est là le résultat d'une histoire de la recherche, ponctuée de découvertes, parfois emblématiques : Copenhague (Danemark), 1826 ; Menchecourt-lès-Abbeville (France), 1842 ; Zurich (Suisse), 1854 ; Vallée de Neander, (Allemagne) 1856 ; Lascaux (France), 1940 ; Hochdorf (Allemagne), 1978 ; Agris (France), 1981; Douvres (Angleterre), 1992, Chauvet-Pont d'Arc (France) 1994, Tintignac (France) 2001, Happisburgh (Angleterre), 2013, etc. Cette litanie de lieux et de dates n'évoque que peu de références dans l'imaginaire collectif, exception faite peut-être de Lascaux. Elle reprend pourtant quelques moments clefs des découvertes archéologiques en Europe. Depuis deux siècles, les fouilles se succèdent, toujours plus professionnelles et non plus laissées aux amateurs érudits, analysées par des moyens de plus en plus performants. Malgré cette richesse documentaire grandissante et l'ampleur des résultats, tout un pan de la vie des premières sociétés d'Europe paraît mal connu, mystérieux même.
Deux aspects complémentaires d'un même problème entrent ici en jeu : d'abord, il y a le fond, c'est-à-dire, les connaissances, de plus en plus nombreuses, sur les premières implantations humaines et la première Europe agricole, dans sa diversité, jusqu'aux changements provoqués par la romanisation de la majeure partie de ces terres ; ensuite, il y a la forme, le cadre dans lequel s'inscrivent ces résultats. N'existe que ce qui porte un nom. Comment nommer une telle période ? La réponse est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord et les enjeux vont au-delà de simples mots. Temps, lieux, sources, terminologie, reconnaissance : quelques termes résument le sujet. Abordons les pas à pas.

Les mots préférés de Anne Lehoërff

  • «Maison»
     
    Le mot semble anodin alors qu'il incarne en réalité des enjeux clefs de l'histoire des sociétés. En Europe, la maison est temporaire jusqu'à la naissance du monde agricole au VIe millénaire, véritable révolution dans la vie des hommes. Elle est la trace matérielle de la sédentarisation, de choix identitaires forts, de rapports nouveaux aux espaces, aux frontières, aux voyages. Elle représente pour les archéologues un vrai défi méthodologique car elle est le plus souvent faite de matériaux périssables mal conservés, sauf dans des ensembles comme les palafittes ou au coeur des fouilles actuelles de MustFarm (Angleterre), qui confirment l'importance historique de ce lieu intime et social.
     

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