Le choix d'Emilienne

Le choix d'Emilienne

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Présentation de l'éditeur

Ouvrière dans une usine de coiffes à chapeaux, Émilienne vient à la rencontre de Firmin, chasseur de vipères, pour une morsure. Mieux que le reptile, c'est bientôt l'amour qui va piquer les deux jeunes gens. Mais Milou, le frère de la jeune femme, petit proxénète autoritaire et sans scrupule, lui préfère un autre prétendant, Fabrice, le contremaître de l'usine. Maltraitée par son frère, courtisée à la fois par Fabrice et Firmin, Émilienne a le coeur à la dérive. Et lorsqu'elle fait enfin son choix, un meurtre fait basculer sa vie...

Elle sentait monter du tréfonds de son ventre cette sourde angoisse qui naît d'un danger imminent.

Firmin s'attarda quelques secondes sur le contour délicieux de son profil. Il arpenta chaque millimètre de ses pommettes empourprées, qui lui conféraient la fraîcheur d'une rose en train d'éclore... Émilienne était belle, si belle que Firmin appréhendait déjà de la voir repartir... N'était-ce pas le destin qui l'avait mise sur sa route ? Le jeune homme savait qu'il s'en voudrait s'il se taisait plus longtemps... Mais n'allait-il pas tout gâcher ? Ne devait-il pas tempérer ses ardeurs ? Il affectait le calme, mais son sang bouillonnait. Un désir puissant le consumait de l'intérieur. Il avançait sur un fil, livré aux émotions du coeur qui subliment ou bien fracassent... Émilienne n'était pas seulement belle. Elle était faite pour lui.

Historien de formation et de coeur, adjoint au maire, Jean Tempère s'est illustré dans des courts et moyens métrages en tant que scénariste. Il s'épanouit également dans l'écriture, puisant une partie de son inspiration dans la richesse du patrimoine naturel et historique du pays du Velay. Dans ce second roman publié aux éditions De Borée, après Les Sirènes du Lac, il permet aux lecteurs de s'immerger dans une époque charnière de notre histoire. Ses romans sont une machine à remonter le temps.

Extrait du livre

Firmin

Avril 1913. Comme la veille, elle était là, alanguie sur la pierre sèche d'un muret qui courait en ligne droite vers la cité mariale du Puy. Son corps souple avait la couleur du basalte. Déployée sur soixante-dix centimètres, elle s'était abandonnée aux premiers rayons d'un soleil d'avril. C'était une vipère aspic. Une casquette au-dessus des yeux. Un trait dans la pupille. Une tête triangulaire avec un museau retroussé et l'extrémité de sa queue quasi comme un crochet. La vipère aspic est dangereuse. Au-delà de quarante-huit heures, l'absence de soins se solde par la mort.
Firmin Lachamp s'approcha tel un chat. Bien charpenté, le menton volontaire et le nez droit, le jeune homme portait une moustache brune à pointes, à l'ombre d'un beau regard ténébreux, où luisaient les reflets mordorés de son iris. Il tenait dans la main gauche un sac à patates, dans la main droite un bâton fourchu. Firmin était vipéricide. C'est comme ça qu'on appelait les chasseurs de vipères dans la région. Il travaillait pour les particuliers, la préfecture et les laboratoires... Promptement, il plaqua son bâton sur la tête du reptile, puis trancha à ras le cou avec son Opinel. Il destinait la tête à la préfecture du Puy qui la payait 25 centimes. Toutefois, il préférait ramener les vipères vivantes. Dans ce cas-là, il les portait à la pharmacie Cortial qui se chargeait de les envoyer à l'Institut Pasteur où l'on récupérait le venin pour fabriquer des sérums. La chasse, c'était pour gagner sa croûte. Parce que, les vipères, il les trouvait belles. Une question de géométrie, d'élégance et de couleurs. Et en la matière, la palette est riche : gris argent, marron, brique, jaune, vert olive... et les stries noires de la robe régulières et seyantes. Quant au mouvement, il captive. Le corps trapu ondoie comme un roulis de vagues avec cette lenteur sereine qui confine au dédain du tumulte... Depuis quelque temps, Firmin se tâtait pour changer de métier. Il avait bien envisagé de ramasser des plantes médicinales pour le compte d'un pharmacien, mais ça ne gagnait pas assez... Il faut dire que son père les avait laissés sans le sou. La faute à la phtisie qui lui avait ravi la santé et du même coup sa boutique de cordonnier. Son père était mort en 1901, une semaine avant ses quatorze ans. Du coup, Firmin avait appris à se débrouiller. Ce n'est pas la dentelle de sa mère qui aurait pu suffire à payer les factures. Et Dieu sait si elle en avait fait, des mètres sur son carreau ! Son certificat d'études en poche, Firmin s'était fait embaucher dans l'usine de coiffes à chapeaux Auguste-Canard. Au magasin d'expédition. Cinq ans à emballer des coiffes entre les baies vitrées d'un local d'où filtrait une lumière sale. C'est à l'âge de dix-huit ans que Firmin avait plaqué l'usine. Un certain goût de la liberté qui paraissait dominer tout...

Les mots préférés de Jean Tempère

  • «Essence»
     
    Ce mot est fondateur, multiple et vivifiant. L'essence, le sens, les sens... quel programme ! Ce mot touche à l'origine, à la nature profonde. Il impulse une direction ou raconte une histoire... Mais pas seulement. Ce mot touche à la connaissance et aux échanges. Il incarne les facultés d'appréhension du monde... A bien y repenser, ce mot charpente les mots. Il est leur raison d'être... Moi, j'écris des histoires de chairs qui touchent à l'essentiel... cultivant nos cinq sens sur le tempo léger des mots...
     

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