Les noces meurtries

Les noces meurtries

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Présentation de l'éditeur

En apparence, Hélène Lemaire affiche la réussite de celle qui a su tout concilier : un mariage au long cours, une vaste exploitation viticole en Champagne, deux ados épanouis. Dans l'intimité, c'est une femme brisée dans son coeur et sa chair. La séparation devient bientôt sa seule voie de secours. Quel qu'en soit le prix : la solitude, les manigances de l'ex-mari, l'abîme qui se creuse entre son fils et elle...
À bientôt quarante ans, la perspective de recommencer à zéro n'effraie pas Hélène. Au bout du tunnel, la possibilité d'une autre vie ? Comme en écho au retour à la liberté de sa mère, Gaby livre son expérience d'adolescente en devenir et de témoin lucide de la dissolution d'un couple.

Sandra Barrière

Sandra Barrière est professeur de lettres dans un collège de la Marne. Elle a été finaliste du prix 2013 «Nos lecteurs ont du talent» avec ce premier roman.

Extrait du livre

Robe blanche, hiver blanc, journée blanche... Ses certitudes sur la vie, en ce samedi matin de février 1979, étaient aussi pures que ce blanc qui avait recouvert tout le vignoble, immaculé. Cela rendait le paysage irréel, bien loin des images de cartes postales avec les vignes vertes et leurs belles grappes de raisin gorgées de saveurs sucrées, illuminées par le soleil. Le ciel était encore très chargé, et l'horizon se mêlait même à la terre, au point qu'on ne distinguait plus que l'alignement des piquets. Tous les ceps nouvellement taillés étaient enveloppés d'une chape blanche voluptueuse, qui faisait disparaître les différentes parcelles. Sans y faire la moindre anicroche, quelques oiseaux s'étaient posés sur cette vaste étendue de neige, délicatement perchés sur les fils de fer.
De la fenêtre de sa chambre de jeune fille, Hélène admira longtemps ce décor qui surgissait à peine une fois l'an. Même la majestueuse église Saint-Martin de Chavot-Courcourt, isolée en haut de la vallée, semblait se faire dévorer par le rideau gris couvert de flocons. Ce spectacle rendait ce jour encore un peu plus particulier. Hélène se disait qu'à chaque fois qu'elle évoquerait son mariage, elle se souviendrait de cette épaisse couche de neige qui semblait avoir arrêté le temps pour quelques heures, quelques jours...
Même si elle n'était pas naïve au point de croire que tout serait idyllique, Hélène était convaincue qu'elle faisait le bon choix en épousant Bertrand. Il était issu, comme elle, d'une famille de vignerons, il partageait les mêmes valeurs et avait les mêmes envies. Pour la première fois, elle éprouvait de véritables sentiments amoureux et désirait ardemment fonder une famille. Pourtant, elle aurait pu ne jamais le rencontrer.

A dix-sept ans, elle comptait bien échapper au bal de la Saint-Vincent et à son traditionnel défilé, qui avaient lieu chaque 22 janvier. Elle avait toujours suivi toute la famille bien gentiment, mais elle s'estimait désormais suffisamment grande pour choisir si elle irait ou non. S'octroyer quelques heures à se délecter de mots, d'histoires romanesques, n'avait pas de prix pour elle. L'occasion était inespérée ! Pour une fois, elle ne serait pas interrompue par les allées et venues de ses trois frères qui ne faisaient jamais grand cas de son besoin de calme, ni par l'agacement que suscitait sa petite soeur Annette, qui râlait régulièrement parce qu'elle était gênée par la lumière de la lampe de chevet alors qu'elle voulait dormir.
(...)

Les mots préférés de Sandra Banière

  • «Champ»
     
    Mon mot préféré est le mot «champ». Comme une madeleine de Proust, il renvoie à mon enfance à la campagne. Je revois alors les fleurs des champs, le printemps lorsque les colzas embaument les vallées, le soleil et les nuages créant un jeu d'ombres et de lumière sur les parcelles cultivées, et surtout, je ressens ce calme et cette sérénité qui me ressourcent. Il est également indissociable du champagne, boisson que j'affectionne particulièrement. Ce mot est aussi lié à la lecture et à l'écriture par les «champs lexicaux» qui construisent les textes. Le mot «champ» est donc la réunion de mon ancrage à la terre, au vignoble, et de mon amour des lettres. Enfin, quand on ferme les yeux, et qu'on l'écoute, c'est une musique que l'on entend. Un mot multiforme qui définit au mieux les différentes facettes de ma personnalité.
     

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