Le Notre Père

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Présentation de l'éditeur

«L'été dernier, faisant du grec avec Thibon je lui avais fait le mot à mot du Pater en grec. Nous nous étions promis de l'apprendre par coeur. Depuis lors je me suis imposé pour unique pratique de le réciter une fois chaque matin avec une attention absolue.»
Simone Weil

Le commentaire de Simone Weil sur le Notre Père date de 1942, un an avant sa mort, quand le Troisième Reich semblait triompher partout en Europe. Au moment du plus grand désespoir, elle choisit d'interroger la plus ancienne prière de l'Église, celle que le Christ lui-même avait enseignée à ses disciples et dont la récitation quotidienne, en grec, constituait son unique pratique religieuse. Cette méditation en forme de soliloque philosophique, comparable aux «discours édifiants» de Kierkegaard, apparaît aujourd'hui comme un des sommets de son oeuvre.

Simone Weil (1909-1943) fut une ardente militante de la cause ouvrière. Elle ira jusqu'à abandonner sa chaire de professeur, au profit d'un travail en usine, avant de s'engager contre Franco dans la guerre d'Espagne. 1938, tournant décisif : sa rencontre avec la figure du Christ. D'une santé fragile et éprouvée, elle meurt à 34 ans à Ashford en Angleterre où elle avait rejoint la France Libre. Ses ouvrages, La Condition ouvrière (1951), L'Enracinement (1949) ou La Pesanteur et la Grâce (1947) ont été publiés à titre posthume.

Extrait du livre

Extrait de la préface

NOTRE PÈRE SECRET

Dans une lettre au dominicain Joseph-Marie Perrin, publiée en 1950 sous le titre Autobiographie spirituelle, Simone Weil indique très précisément la place qu'occupa le Notre Père dans sa vie à partir de l'été 1941 :

«L'été dernier, faisant du grec avec Thibon, je lui avais fait le mot à mot du Pater en grec. Nous nous étions promis de l'apprendre par coeur. Je crois qu'il ne l'a pas fait. Moi non plus, sur le moment. Mais quelques semaines plus tard, feuilletant l'Évangile, je me suis dit que puisque je me l'étais promis et que c'était bien, je devais le faire. Je l'ai fait [...] Depuis lors je me suis imposé pour unique pratique de le réciter une fois chaque matin avec une attention absolue.»

Rédigé à Marseille quelques mois plus tard, au mois de mai 1942, son commentaire se présente comme une suite de méditations sur chacun des versets du Notre Père, en grec, tels qu'ils apparaissent dans l'Évangile de Matthieu et qu'ils ont été repris dans la liturgie des Églises chrétiennes, accompagnée de sa propre traduction. Il a été lui aussi publié dans le recueil de 1950, sous le titre «À propos du Pater», mais comme une note en marge de la correspondance avec le P. Perrin. Ce texte majeur mérite aujourd'hui d'être lu pour lui-même, à l'instar des grands commentaires de Tertullien, Thomas d'Aquin ou Karl Barth, pour ressentir ce que Jacques Julliard a récemment appelé «le choc Simone Weil».

«MON UNIQUE PRATIQUE»

Il s'agit, d'abord, d'un document capital quant à l'évolution spirituelle de Simone Weil. Nous sommes, grâce à lui, témoins de la façon dont elle pria jusqu'à sa mort, et du sens qu'elle donnait à la prière. Simone Weil - qui avait reçu la certitude du Dieu vivant lors de son voyage au Portugal d'août 1935, s'était pour la première fois agenouillée à Assise dans l'église Sainte-Marie-des-Anges, et avait été «prise par Jésus» à Solesmes en 1938 -, pendant longtemps ne pria pas, ne s'autorisa pas la prière. Elle n'avait pas osé l'avouer au P. Perrin lors de leur première rencontre, mais s'en était ouverte à lui dans Y Autobiographie spirituelle : «Jamais je n'avais prononcé une prière liturgique. Il m'était arrivé parfois de me réciter le Salve Regina mais seulement comme un beau poème.»

Réciter le Notre Père, elle commença à le faire - pas seulement chaque matin mais plusieurs fois par jour -, pendant les vendanges gardoises où elle s'épuisait à la tâche, la prière devenant partie intégrante de cette «mystique du travail» qui, à ses yeux, permet une adhésion totale au Christ car «nulle finalité terrestre ne sépare les travailleurs de Dieu». Travailler manuellement, comme elle l'avait fait en 1934 et 1935 chez Alsthom puis chez Renault, n'allait plus sans prier, ce qui lui faisait rejoindre l'idéal des bénédictins.

Les mots préférés de Simone Weil

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